« Combien de SST dois-je former dans mon entreprise ? » C'est l'une des premières questions que pose un DRH quand l'inspection du travail passe ou quand un audit Qualiopi approche. La réponse n'est pas un seul chiffre : elle dépend de l'effectif, du secteur d'activité, de la configuration des sites et de l'organisation des secours.

Cet article fait le tri entre obligation légale stricte et recommandation INRS, et donne des ratios opérationnels pour une PME de 20, 50 ou 200 salariés.

Ce que dit le Code du travail vs ce que recommande l'INRS

Première clarification : aucun article du Code du travail ne fixe un nombre minimum de SST par tranche d'effectif. Ce qui existe, c'est une obligation de moyens, encadrée par deux articles principaux.

L'article R.4224-15 du Code du travail dispose qu'« un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d'urgence » dans deux cas : dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux, et sur chaque chantier employant au moins 20 personnes pendant plus de 15 jours et où sont réalisés des travaux dangereux.

L'article R.4224-16 précise qu'en l'absence d'infirmier, ou s'il n'est pas présent en permanence, l'employeur doit prendre l'avis du médecin du travail pour organiser les secours, notamment par la présence de salariés formés au secourisme.

« Un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d'urgence. » — Article R.4224-15 du Code du travail

L'INRS, qui pilote le dispositif SST et délivre l'habilitation aux organismes de formation, va plus loin et recommande un ratio opérationnel : au moins 10 % à 15 % de SST formés dans l'effectif, avec un minimum d'un SST par unité de travail isolée et par équipe pour les sites fonctionnant en 2x8 ou 3x8.

Concrètement, ce que regardent un inspecteur du travail ou un auditeur Qualiopi, c'est la capacité réelle de l'entreprise à porter secours à tout moment : pendant les pauses, en équipe de nuit, en cas d'absence du SST principal.

Ratio recommandé selon effectif et type d'activité

Le ratio INRS de 10 à 15 % n'est pas un plafond, c'est un plancher pour les activités à risque standard. Voici comment l'appliquer par tranche d'effectif :

  • Entreprise de 20 salariés : minimum 2 à 3 SST formés. Un seul SST ne suffit jamais : congés, arrêt maladie, déplacement client laissent l'entreprise sans couverture. Compter 3 SST permet d'absorber les absences sans rupture.
  • Entreprise de 50 salariés : 5 à 8 SST. À ce niveau, la présence d'un CSE déclenche également un dialogue social sur la prévention. Le CSE peut exiger une couverture par étage ou par service.
  • Entreprise de 200 salariés : 20 à 30 SST, avec une répartition par zone géographique, par étage et par équipe. Un coordinateur SST interne devient pertinent à ce volume.

Ces ratios doivent être relevés dans les secteurs à risque : on parle alors de 20 % à 25 % de l'effectif, voire plus pour la chimie et le BTP. La règle de bon sens : un SST doit pouvoir intervenir en moins de 3 minutes sur tout point du site, jour et nuit.

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Cas multi-sites : SST par site ou centralisé

La centralisation d'une équipe SST sur le siège est une erreur fréquente. Le principe juridique est clair : chaque site, chaque atelier, chaque chantier doit pouvoir compter sur un secours immédiat. Un SST formé à 80 km du site annexe ne remplit pas l'obligation de l'article R.4224-15.

Pour les organisations multi-sites, les règles à suivre sont les suivantes :

  • Au moins 1 SST par site permanent, même pour une agence commerciale de 5 personnes.
  • Au moins 2 SST par site de production ou de stockage, pour assurer une présence en cas d'absence.
  • Pour les chantiers BTP de plus de 20 personnes et de plus de 15 jours avec travaux dangereux, présence d'un SST obligatoire sur site (article R.4224-15).
  • Pour les équipes mobiles (techniciens itinérants, commerciaux terrain), former chaque binôme ou prévoir un SST par véhicule d'intervention.

Un site qui passe sous le seuil minimal — même temporairement, en raison d'un départ — doit être signalé au CSE et la formation reprogrammée. Une carence de SST documentée peut être retenue comme élément de faute inexcusable en cas d'accident, avec majoration des indemnités versées par la sécurité sociale et recours direct contre l'employeur.

Surcharge sectorielle : BTP, chimie, industrie

Les secteurs à risque imposent un ratio bien supérieur aux 10 % INRS. Voici les seuils observés en audit et exigés par les CARSAT régionales :

  • BTP et travaux publics : 20 à 25 % de l'effectif formé SST. La présence d'un SST est exigible sur chaque chantier de plus de 20 personnes dès lors que des travaux dangereux sont réalisés. Les SST sont en général aussi formés au travail en hauteur et à la manipulation d'engins.
  • Industrie chimique et pétrochimie : 25 % minimum, avec spécialisation aux risques chimiques (lecture FDS, douches d'urgence, antidotes). Le médecin du travail peut imposer une formation complémentaire à la gestion d'urgence toxique.
  • Métallurgie et industrie lourde : 15 à 20 %, avec un SST par poste critique (presse, four, ligne automatisée).
  • Logistique et entreposage : 15 %, en raison des risques chute de plain-pied, chute de charges et accidents de manutention. Un SST par équipe est la règle.
  • Établissements médico-sociaux et EHPAD : 15 à 20 %, avec couverture nuit et week-end indispensable.
  • Tertiaire pur : 10 à 12 % suffit dans la plupart des cas, sauf bâtiment de plus de 6 étages où chaque étage doit disposer d'un SST.

Le coût d'une formation initiale SST se situe entre 180 € et 350 € HT par salarié, intégralement finançable par les OPCO (AKTO, OPCO 2i, AFDAS, EP, Constructys, Atlas, etc.) sur le budget formation. Au regard d'un accident du travail moyen évalué à plus de 4 000 € de coût direct AT/MP et de plus de 70 jours d'arrêt en moyenne dans le BTP, le retour sur investissement est immédiat.

Tableau de référence par tranche d'effectif

Synthèse opérationnelle utilisable en réunion de direction ou en CSE :

  • 10 à 19 salariés : 2 SST minimum (tertiaire), 3 SST (industrie/BTP). Formation initiale 14 h + MAC tous les 24 mois.
  • 20 à 49 salariés : 3 à 5 SST (tertiaire), 5 à 8 SST (industrie/BTP). Un SST par site, par équipe et par étage.
  • 50 à 99 salariés : 6 à 10 SST (tertiaire), 12 à 20 SST (industrie/BTP). Dialogue CSE obligatoire sur le plan de formation SST.
  • 100 à 199 salariés : 12 à 20 SST (tertiaire), 25 à 40 SST (industrie/BTP). Mise en place d'un référent SST interne.
  • 200 salariés et plus : 20 à 30 SST (tertiaire), 40 à 60 SST (industrie/BTP). Coordinateur SST interne et planification annuelle des MAC.

Important : ces SST doivent être à jour de leur MAC (Maintien et Actualisation des Compétences) de 7 h, à renouveler tous les 24 mois. Un SST sans MAC valide n'est plus certifié et ne compte plus dans l'effectif de couverture aux yeux de l'INRS et de l'inspection du travail.

Le nombre de SST à former dans votre entreprise ne se résume pas à un pourcentage théorique. Il dépend de votre effectif, de votre secteur, de la configuration de vos sites et de vos horaires de travail. La règle d'or reste l'obligation de moyens posée par l'article R.4224-15 : pouvoir secourir, partout, tout le temps. SST Académie, organisme habilité INRS et certifié Qualiopi, vous accompagne pour bâtir une couverture SST adaptée et finançable. Demandez votre devis personnalisé pour une formation initiale 14 h ou un MAC 7 h, en inter-entreprises à Paris ou en intra sur votre site.

Questions fréquentes

Existe-t-il un nombre légal minimum de SST par entreprise ?
Non. Le Code du travail (articles R.4224-15 et R.4224-16) impose la présence d'un secouriste dans chaque atelier à travaux dangereux et sur certains chantiers, mais ne fixe pas de quota par effectif. L'INRS recommande 10 à 15 % de l'effectif, voire 20 à 25 % dans les secteurs à risque.
Un SST en arrêt maladie ou en congé compte-t-il dans l'effectif ?
Non, pas pour la couverture opérationnelle. C'est pour cela qu'il faut prévoir 2 à 3 SST minimum dès 20 salariés, afin de garantir une présence effective tous les jours travaillés.
Un SST dont le MAC a expiré reste-t-il valable ?
Non. Au-delà de 24 mois sans MAC de 7 h, la certification SST n'est plus valide. Le salarié doit refaire le MAC ou, si le délai est très dépassé, une formation initiale complète de 14 h.
L'OPCO finance-t-il intégralement les formations SST ?
Oui dans la grande majorité des cas. Les OPCO (AKTO, OPCO 2i, AFDAS, EP, Constructys, Atlas) prennent en charge SST Initial et MAC sur le plan de développement des compétences. SST Académie monte les dossiers de prise en charge pour vous.
Que se passe-t-il en cas d'accident si je n'ai pas assez de SST ?
L'absence ou l'insuffisance de SST documentée peut être qualifiée de manquement à l'obligation de sécurité de résultat et entraîner la reconnaissance d'une faute inexcusable, avec majoration de la rente versée à la victime et recours sécurité sociale contre l'employeur.