Avant de signer un bon de commande pour une formation Sauveteur Secouriste du Travail, un DRH ou un responsable formation veut savoir une chose : qu'apprennent concrètement les salariés pendant les 14 heures ? Le programme SST INRS n'est pas un contenu maison : c'est un référentiel national, opposable, structuré en huit modules. Voici ce que chaque module couvre, comment se déroule l'évaluation, et pourquoi cette standardisation protège juridiquement votre entreprise.

Le référentiel INRS expliqué simplement

Le référentiel INRS SST est élaboré par l'Institut National de Recherche et de Sécurité, en lien avec la Cnam et le réseau Assurance Maladie-Risques professionnels. Il fixe le contenu pédagogique, la durée minimale (14 heures pour le SST initial, 7 heures pour le MAC SST), les critères d'évaluation et les conditions de délivrance du certificat. Aucun organisme habilité, y compris SST Académie, ne peut s'en écarter : un audit INRS peut survenir à tout moment et l'habilitation est retirée en cas de non-conformité.

Ce référentiel s'appuie sur l'article R.4224-15 du Code du travail : « Un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d'urgence dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux et dans chaque chantier employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours. » Le contenu doit être uniforme partout en France, pour qu'un SST formé à Lille soit reconnu à Marseille avec la même compétence.

« La formation SST est dispensée par un formateur en SST certifié, dans le respect strict du document de référence INRS, sans contenu propre à l'organisme. » — Document de référence INRS, dispositif de formation SST

Le programme se découpe en 8 modules regroupés en deux grandes compétences : être capable d'intervenir face à un accident, et être capable de contribuer à la prévention dans son entreprise. C'est ce second volet qui distingue le SST du simple secourisme grand public (PSC1) et qui justifie son ancrage dans le Code du travail.

Modules 1 à 4 : protéger, examiner, alerter

La première moitié du programme installe les réflexes amont du secours : ne pas aggraver la situation, lire l'état de la victime, déclencher la bonne chaîne d'alerte. Ces quatre modules occupent environ une journée sur les deux.

  • Module 1 — Le sauvetage secourisme du travail : cadre juridique, statistiques AT/MP (plus de 600 000 accidents du travail avec arrêt par an en France selon l'Assurance Maladie), rôle du SST dans l'entreprise, lien avec le document unique d'évaluation des risques (DUERP).
  • Module 2 — Rechercher les dangers persistants pour protéger : identifier les risques résiduels sur la zone d'intervention (machine en mouvement, courant électrique, atmosphère toxique), supprimer ou isoler le danger, baliser. C'est la transposition opérationnelle du principe « pas de seconde victime ».
  • Module 3 — De « protéger » à « prévenir » : repérer les situations dangereuses dans le poste de travail au quotidien, alerter le management ou le CSE, contribuer à la démarche de prévention. Ce module connecte le SST à la politique QSSE de l'entreprise.
  • Module 4 — Examiner la victime et faire alerter : actions de recherche dans un ordre précis (saigne, étouffe, répond, respire), choix du témoin pour alerter, message d'alerte au 15, 18, 112 ou au numéro interne (PC sécurité, infirmerie).

Concrètement, à l'issue du module 4, le salarié sait sécuriser une scène d'accident et déclencher les secours avec un message structuré. Ce sont ces gestes qui, dans la majorité des cas, déterminent la survie sans séquelle.

Modules 5 à 8 : secourir et situations particulières

La seconde journée est consacrée au « secourir » proprement dit. Chaque détresse vitale fait l'objet d'un module avec démonstration formateur, reproduction par les apprenants et évaluation continue.

  • Module 5 — De « faire alerter » à « informer » : transmission d'informations à l'employeur sur les risques observés, traçabilité des accidents bénins, contribution au registre des accidents du travail bénins (article L.441-4 du Code de la sécurité sociale).
  • Module 6 — Secourir : c'est le module le plus dense. Il couvre tous les états : victime qui saigne abondamment, s'étouffe, se plaint de malaise, de brûlures, de douleurs empêchant certains mouvements (suspicion de fracture), de plaies, victime inconsciente qui respire (position latérale de sécurité), victime inconsciente qui ne respire pas (réanimation cardio-pulmonaire et défibrillateur automatisé externe).
  • Module 7 — Situations inhérentes aux risques spécifiques : risques chimiques, électriques, hyperbares, biologiques selon le secteur d'activité du stagiaire. Un SST formé pour un site industriel n'aura pas exactement la même séquence qu'un SST formé pour un cabinet médical ou un entrepôt logistique.
  • Module 8 — Évaluation des SST : épreuves certificatives sous forme de mises en situation, grille d'évaluation INRS, délivrance du certificat de Sauveteur Secouriste du Travail valable 24 mois.

La réanimation cardio-pulmonaire avec défibrillateur occupe à elle seule plusieurs heures. C'est le geste qui sauve le plus de vies en entreprise : selon la Fédération française de cardiologie, chaque minute sans massage cardiaque diminue les chances de survie de 10 %.

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Place des mises en situation pratiques dans l'évaluation

Le contenu formation SST est volontairement déséquilibré en faveur de la pratique. Les apports théoriques tiennent en moins de 20 % du temps. Le reste, soit environ 11 heures sur 14, est consacré à des mises en situation reproduisant un accident du travail réaliste : chute de plain-pied, écrasement, projection chimique, malaise au poste, électrisation, hémorragie après coupure avec un outil.

Le formateur joue plusieurs rôles : il anime, simule la victime, observe, et remplit la grille d'évaluation INRS pour chaque stagiaire. Les ateliers sont menés en sous-groupes de 4 à 10 personnes maximum (effectif imposé par l'INRS pour garantir un temps de pratique suffisant par apprenant).

Une session SST conforme INRS comprend au minimum un mannequin adulte avec retour visuel de qualité de RCP, un mannequin enfant ou nourrisson, un défibrillateur de formation, du matériel de simulation (faux sang, maquillage de plaie) et une trousse de premiers secours réelle.

Sans ces équipements, la formation n'est pas conforme — et donc non éligible à la délivrance du certificat. C'est un point à vérifier impérativement avant de valider un prestataire : demander la liste du matériel pédagogique et le ratio formateur/stagiaires.

Critères de réussite et délivrance du certificat

L'évaluation finale ne repose pas sur un QCM. Elle s'appuie sur deux épreuves certificatives définies par l'INRS, à passer dans le module 8 :

  • Épreuve 1 : intervenir sur une situation d'accident du travail simulée. Le candidat doit protéger, examiner, faire alerter et secourir une victime jouée par le formateur ou un autre stagiaire. La grille INRS évalue dix critères, dont l'analyse de la situation, le choix du geste, sa réalisation technique et la communication avec les secours.
  • Épreuve 2 : démontrer ses compétences de prévention. Le candidat décrit un risque réel de son poste de travail, propose une action de prévention ou de protection, et explique à qui la remonter dans son entreprise.

Le certificat SST est délivré uniquement si le candidat valide les deux épreuves. Il est édité via le portail FORPREV de l'INRS, traçable par l'employeur, et porte un numéro national. Validité : 24 mois à compter de la date de fin de stage. Au-delà, le SST doit suivre un MAC SST (Maintien et Actualisation des Compétences) de 7 heures pour conserver son habilitation, conformément au document de référence INRS.

Un salarié qui échoue à l'évaluation ne reçoit pas le certificat mais une attestation de suivi de formation. L'employeur peut le réinscrire à une session complète. Le taux de réussite moyen observé sur le réseau habilité dépasse 95 % grâce à l'évaluation continue tout au long des deux journées.

Pourquoi ce cadrage protège votre entreprise

Quand un accident grave survient et qu'une enquête est diligentée par la CARSAT, l'Inspection du travail ou le procureur, les compétences réelles du SST présent sont examinées. Un certificat délivré hors référentiel INRS, par un organisme non habilité, n'a pas la même valeur probante. À l'inverse, un certificat conforme atteste que l'employeur a respecté son obligation de moyens au titre de l'article L.4121-1 du Code du travail.

C'est pour cette raison que les 8 modules SST sont identiques chez tous les organismes habilités. La différence se joue sur la pédagogie du formateur, l'adaptation sectorielle (module 7), la qualité du matériel et la logistique. Ces critères-là méritent d'être challengés avant de signer.

Connaître les 8 modules officiels du programme SST INRS permet de comparer les prestataires sur des critères objectifs : matériel, ratio formateur/stagiaires, adaptation sectorielle du module 7, modalités d'évaluation. C'est aussi un argument à mobiliser auprès du CSE et de la direction générale pour justifier le budget formation prévention. Si vous souhaitez organiser une session conforme INRS pour vos salariés, contactez SST Académie pour recevoir un devis personnalisé sous 24 heures.

Questions fréquentes

Le programme SST INRS est-il le même chez tous les organismes ?
Oui. Le contenu des 8 modules, la durée (14 heures initial, 7 heures MAC), les critères d'évaluation et les conditions de délivrance du certificat sont fixés par l'INRS. Tout organisme habilité doit s'y conformer sous peine de retrait d'habilitation. La différence se fait sur la pédagogie, le matériel et l'adaptation sectorielle.
Combien de stagiaires maximum par session SST ?
L'INRS impose entre 4 et 10 stagiaires par session pour un seul formateur. En deçà de 4, la dynamique de groupe ne permet pas une pratique suffisante. Au-delà de 10, le temps individuel de mise en situation devient insuffisant pour valider les compétences.
Que se passe-t-il si un salarié échoue à l'évaluation finale ?
Il reçoit une attestation de suivi mais pas le certificat SST. L'employeur peut le réinscrire à une nouvelle session complète. Le taux de réussite observé dépasse 95 % grâce à l'évaluation continue tout au long des deux journées, ce qui permet de corriger en temps réel.
Le module 7 « risques spécifiques » est-il vraiment adapté à mon secteur ?
Il doit l'être. Un SST formé pour un site BTP ne suit pas la même séquence qu'un SST formé pour un cabinet médical ou un entrepôt logistique. Exigez du prestataire un déroulé du module 7 personnalisé à vos risques métier, sur la base de votre DUERP.
Le certificat SST peut-il remplacer un PSC1 ou un AFGSU ?
Le certificat SST vaut équivalence PSC1 (Prévention et Secours Civiques niveau 1) dans la plupart des contextes professionnels. En revanche, il ne remplace pas l'AFGSU exigé dans le secteur sanitaire ni les certifications spécifiques au sauvetage en milieu aquatique ou en hauteur.